Les conséquences du Drame d'Odaiba furent considérables.
La disparition simultanée de nombreux Hunters parmi les plus réputés provoqua un véritable bouleversement dans le monde du Nen.
Elle perdit une partie essentielle de ses effectifs.
Le métier de Hunter, autrefois convoité et respecté, perdit progressivement de son prestige. Les Hunters encore actifs furent de plus en plus isolés.
Les générations suivantes grandirent avec une vision radicalement différente.
une vocation.
surtout un risque considérable.
L'humanité semblait avoir perdu confiance en ceux qui avaient pourtant longtemps constitué sa meilleure défense contre l'inconnu.
Les citoyens vivaient sous surveillance.
Mesures de sécurité exceptionnelles. Déplacements strictement encadrés. Restrictions permanentes autour de la baie de Tokyo. Les couvre-feux devinrent une composante habituelle de la vie quotidienne.
Les informations relatives à Odaiba furent progressivement censurées.
Les rapports militaires demeurèrent confidentiels. Les médias ne furent plus autorisés à diffuser librement. Durant près de quarante années, plusieurs générations grandirent sans connaître la véritable histoire du territoire.
Le 12 octobre 2944, l'opération menée sur l'île d'Odaiba contre Kael Varnier a entraîné la perte de l'ensemble des unités engagées. Les enregistrements récupérés présentent des interférences inexplicables. Le sort de la cible demeure inconnu. L'accès à l'île est interdit jusqu'à nouvel ordre. Toute mention de cette affaire est proscrite.
La peur finit par devenir une habitude.
Le nom de Kael Varnier fut rarement évoqué publiquement, toujours accompagné de mentions classifiées ou de descriptions volontairement imprécises.
Pour certains habitants, cette période ne fut qu'une parenthèse. Pour d'autres, elle laissa des séquelles profondes : l'impossibilité de retrouver une vie normale, la méfiance envers les autorités, le traumatisme d'une surveillance permanente.
Qu'était-il réellement arrivé à Odaiba ?
Pendant plusieurs décennies, aucune opération d'envergure ne fut autorisée. Les instruments enregistraient parfois des anomalies, sans qu'il soit possible d'en identifier l'origine.
Pas une opération militaire. Une expédition scientifique : comprendre ce qui s'était produit quarante ans auparavant.
Le 12 octobre 2984, exactement quarante ans après le drame, les premières équipes posèrent de nouveau le pied sur l'île.
Elles allaient y découvrir de quoi remettre en question tout ce qui avait été établi.